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1903, le 1er Tour de France

 - Tour de France cycliste 1903 -

Léon Georget et Maurice Garin

Brillouet, masseur. Maurice Garin vainqueur du Tour et son jeune fils

 

1903 : Henri Desgrange directeur du journal L’Auto  veut concurrencer  Le Vélo dont le rédacteur en chef  Pierre Giffard a eu bien avant lui, l’idée d’organiser des compétitions sportives inédites dans l’hexagone : La course cycliste Paris-Brest-Paris 1200 km en 1891. La 1re  course à pied longue distance Paris-Belfort 496 km en juin 1892. La 1re course automobile Paris-Rouen en 1894. Le 1er marathon Paris-Conflans en juillet 1896...
 
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C’est Géo Lefèvre journaliste à L’Auto qui  suggère à Henri Desgrange en janvier 1903 d’organiser une course cycliste qui ferait le tour complet de la France en plusieurs étapes.
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Henri Desgrange décide que le 1er Tour de France cycliste aura lieu du 1er juin au 5 juillet 1903. Mais cette épreuve difficile attire peu de volontaires, ils ne sont que 15 inscrits une semaine avant le  départ, aussi Desgrange augmente substantiellement les gains des coureurs, 5 francs par jour au lieu de 2 francs et retarde le départ au mois suivant. 

Ils seront alors 60 à prendre le départ devant le café " Le réveil matin " à Montgeron, banlieue sud de Paris le 1er juillet à 15h 16. 

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Sous le titre "La Semence", Henri Desgrange écrit dans L'Auto du 1er juillet : " Du geste large et puissant que Zola, dans La Terre, donne à son laboureur, L'Auto, journal d'idées et d'action va lancer à travers la France, dès aujourd'hui, les inconscients et rudes semeurs d'énergie que sont les grands routiers professionnels." 


Le Tour 1903
 
 
- 2428 km en 6 étapes.
- Au départ de l’étape les coureurs portent un brassard vert.
- Le coureur qui abandonne lors d’une étape peut prendre le départ de l’étape suivante hors classement général, il sera alors porteur d’un brassard jaune.
( Le maillot jaune du leader fera son apparition en 1919. )
- Les coureurs auront 1 à 3 jours de repos entre deux étapes, (ce principe de jours de repos entre des étapes longues sera repris en course à pied pour le circuit de l’Est, 800 km  en 1912 et le circuit de l’Ouest, 804 km en 1913)
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Départ effectif à Villeneuve Saint Georges
 
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Les vainqueurs d'étapes
 
 
1 - (Paris) Montgeron, Melun Montargis, Nevers, Moulin, Roanne, Lyon 467 km
    Maurice Garin 17 h 45 min 13 s.
 
2 - Lyon, St Étienne, Valence, Montélimar, Avignon, Aix-en-Provence, Marseille 374 km
    Hippolyte Aucouturier 14 h 28 min 53 s (hors classement général).
 
3 - Marseille, Arles, Nîmes, Montpellier, Carcassonne, Toulouse 423 km
     Hippolyte Aucouturier 17 h 55 min 04 s (hors classement général).
 
4 - Toulouse, Montauban, Agen, Bordeaux 268 km 
     Charles Laeser (SUI) 8 h 46 min 04 s (hors classement général).
 
5 - Bordeaux, Cognac, Saintes, Rochefort, La Rochelle, La Roche sur Yon, Nantes 425 km
     Maurice Garin 16 h 26 min 31 s
 
6 - Nantes, Angers, Saumur, Tours, Blois, Orléans, Chartres, Versailles, Paris 471 km 
     Maurice Garin  18 h 09 min 00 s.
 
    Garin à Nantes
 
 
Aucouturier, vainqueur des 2e et 3e étapes.
 
 
Le 1er Tour de France a fait étape dans l'Ouest
 
 
Lors des trois premières étapes les coureurs ont traversé des contrées qui, sauf en 1894 avec Lyon-Paris-Lyon gagnée par Riviere et en 1902 avec Marseille-Paris enlevée par Lesna, n’avaient guère vu de courses cyclistes.
La route de la 3e étape, entre Toulouse et Bordeaux, était si belle à l’époque qu’elle était  le théâtre de nombreuses tentatives, entre autres le record des 500 km tricycle en 36h 45min accomplit par le bordelais Rousset en juin 1888, sur tricycle de 20 kg à caoutchoucs pleins et  à selle sans ressort, développant 4,70m !
Aussi, sur cette étape courte entre Toulouse et Bordeaux, 268 km, la vitesse moyenne de 30 km/h a été dépassée. Seul incident à noter, l’abandon de Aucouturier sur chute 20 km avant Agen.
 
 
    
 
 
 
Après une journée de repos à Bordeaux, les concurrents se mettaient en ligne pour la 5e étape le 13 juillet à 23 heures pour les coureurs toujours en course pour le classement général et à minuit pour les autres. 
Empruntant jusqu’à Barbezieux le parcours de la course annuelle Bordeaux-Paris, ils l’abandonnaient pour bifurquer à gauche vers La Rochelle et rejoindre Nantes, traversant ainsi des régions qui avaient été jusqu’alors privées de grandes courses sur route.
Trois concurrents arrivèrent ensemble à Nantes  sur le vélodrome de Longchamp lieu de l’arrivée. Accomplissant les trois tours de piste réglementaires, Maurice Garin battait au sprint ses deux compagnons d’échappée, Pothier et Pasquier.
 

Maurice Garin : 16 h 26 min 31 s
Georges Pasquier : 16 h 26 min 31 s 1/5
Lucien Pothier : 16 h 26 min 31 s 2/5
Dernier de l’étape Arsène Millocheau : 31 h 35 min
 
 
 
Au vélodrome, le temps des coureurs était pris sur le dernier km. Les deux meilleurs chronos : Jean Fisher et Marcel Kerff  1 min 36 s 3/5.
Chaque étape était fatale à un des principaux concurrents. Cette fois ce fut Léon Georget, qui épuisé se coucha dans un fossé à 200 km de l’arrivée. Il occupait la 2e place au classement général au départ de cette 5e étape.
La vitesse moyenne de cette longue étape avait baissé pour avoisiner les 24 km/h.
 
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La dernière étape, Nantes-Paris, 471 km, devait à l’origine se courir avec entraîneurs comme Bordeaux-Paris, mais les organisateurs craignaient que le résultat ne put être faussé à l’arrivée et cette idée fut abandonnée.
Le départ à Nantes fut donné à 19 heures.
 
 

   
 
Le contrôle d’arrivée était situé à Ville-d’Avray, 500m après la côte de Picardie. L’itinéraire  Ville-d’Avray -  Parc des Princes était neutralisé.
Les rescapés avaient 1 km à effectuer sur la piste du vélodrome du Parc des Princes. 
Maurice Garin gagna cette dernière étape et le Tour de France 1903. C’était le favori, avant la course les pronostics presque unanimes étaient en sa faveur, n’était-il pas le vainqueur de la dernière édition de Paris-Brest-Paris 1200 km en 52 h 11 min.

Son plus sérieux adversaire, Hyppolite Aucouturier, fut mis hors course  dès la 1re étape, victime d’un commencement d’empoisonnement ! Hors classement général, il enlevait brillamment les 2e et 3e étapes, laissant Garin à 26 min et 33 min. Il était encore en tête de la 4e étape lorsqu’une chute le força à abandonner.
 
A Chartres, au dernier contrôle, on signale à Maurice Garin qu’il a gagné une prime de 25 francs. Bon prince il invite les coureurs qui le suivent à manger (les ravitaillements sont payants). Ensuite on lui présente la facture : 32 francs. Il est de sa poche pour 7 francs ! 
   
A partir de Versailles, une cohue effroyable rend la progression terriblement difficile. Au sommet de la côte de Picardie, Garin juge la descente dangereuse et ralentit. Bien lui en prend car lui et Samson évitent de peu un groupe de cyclistes qui se ramassent une gamelle générale.
A Ville-d’Avray, une chaleureuse ovation est faite à Maurice Garin, dans un chaos de spectateurs, de cyclistes et d’automobiles.
 
 
 
 
    
19 juillet, au Parc des Princes, ils sont des milliers qui se pressent autour des balustrades pour saluer le vainqueur du Tour, une formidable clameur accueille " le Roi de la route ", deux orchestres font entendre leur musique.
L’histoire retiendra que Fernand Augereau a réalisé le km le plus rapide au Parc en 1 min 30 s 1/5 et empoché la prime de 100 francs.
 
 
 
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Julien Lootens (BEL) dit Samson
 
 
 
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Café de l’Espérance, le lendemain de l’arrivée de ce 1er Tour de France, le vainqueur offrait le champagne à ses amis et livrait ses impressions  à Ernest Moussey de La Vie au Grand Air 
 
" La victoire efface bien des choses et fait oublier les plus grosses peines et les pires souffrances, cependant il est un incident qui vaut la peine d’être conté. Écoutez plutôt : J’étais à quelques km de Nantes et roulait dans la nuit à bonne allure, quand je vis arriver sur moi un cycliste qui me demanda mon nom.
Cette rencontre ne fit que confirmer les bruits qui couraient à Nantes , la veille du départ de la dernière étape, que l’on me jouerait un vilain tour au moment où je serais seul sur la route.
Je répondis à mon interlocuteur en lui donnant le nom d’un autre coureur participant à l’épreuve et en ajoutant pour rendre plus vraisemblable ma réponse : Oh! Garin, il y a longtemps que nous l’avons lâché et il doit être loin derrière nous ! Et là-dessus, mon cycliste rebroussa chemin et partit à la rencontre de Garin. Il faut dire qu’en prévision de ce qui devait arriver, j’avais pris le soin de troquer ma veste blanche contre un paletot noir. Et voilà comment j’évitai le vilain tour qu’on m’avait promis et arrivai à Ville-d’Avray avec ce maillot noir. L’abandon de mon maillot blanc étonna bien des curieux. Ils sont renseignés maintenant. "

Garin ajoute : " J’ai perdu 2,5 kg de mon poids. Ce n’est rien, je m’attendais à beaucoup plus. Je vais maintenant rejoindre Lens où je prendrai un repos bien mérité, tout en m’occupant de mes affaires comme par le passé. "
 
 
Il n’était pas encore question de dopage dans le cyclisme en 1903 mais certains, habitués déjà à voir le mal partout avaient prétendu que dans Paris-Brest-Paris, la victoire de Garin était due à des procédés malhonnêtes, que, s’il avait gagné cette course c’était grâce à des amis complaisants qui tantôt l’avaient tiré, tantôt l’avaient pris dans leur automobile... Garin répliqua : "  Qu’il me suffise de vous dire que mon temps total des 3 premières étapes du Tour de France dont la distance, 1200 km,  équivaut à celle de Paris-Brest-Paris, bat de loin celui que j’avais mis pour accomplir cette dernière course et qui paraissait invraisemblable pour certains. "
 
Classement Tour de France 1903

1. 94h 33min 14s Maurice Garin (FRA), 32 ans
2. 97:22:45 Lucien Pothier (FRA), 20 ans  
3. 99:02:38 Fernand Augereau (FRA), 19 ans 
4. 99:12:45 Rodolfo Muller (ITA) 
5. 99:30:58 Jean-Baptiste Fischer (FRA) 36 ans
6. 100:25:38  Marcel Kerff (BEL) 
7. 103:04:22 Julien Lootens (BEL) 26 ans
8. 104:55:27 Georges Pasquier (FRA) 25 ans
9. 105:25:28 François Beaugendre (FRA) 23 ans
10. 107:18:10  Aloïs Catteau (BEL) 
11. 108:22:54 Jean Dargassies (FRA) 31 ans
12. 113:42:06 Ferdinand Payan (FRA) 
13. 116:50:06 Julien Girbe (FRA) 
14. 118:38:27 Isidore Lechartier (FRA) 
15. 119:47:40 Josef Fischer (ALL) 38 ans
16. 126:24:06 Alexandre Foureaux (FRA) 
17. 127:07:57 René Salais (FRA) 
18. 144:16:29 Émile Moulin (FRA) 
19. 146:10:52 Georges Borot (FRA) 
20. 157:27:08 Pierre Desvages (FRA) 
21. 159:30:32 Arsène Millocheau (FRA) 
 
Les gains 
 
Maurice Garin : 6000 francs
Lucien Pothier : 2450 francs
Hyppolite Aucouturier : 1800 francs
Fernand Augereau : 1575 francs
Rodolfo Muller : 1200 francs
Léon Georget : 900 francs
Jean Fisher : 775 francs
Julien Samson : 750 francs
Émile Pagie et Charles Laeser : 700 francs
Eugène Brange et Gustave Pasquier : 600 francs
Marcel Kerff : 475 francs
Aloïs Catteau, François Beaugendre et Ambroise Garin 100 francs
Julien Girbe, Ferdinand Payan et Jean Dargassies : 50 francs
Josef Fisher : 25 francs
 
 
  • Tour de France 1903, 60 partants, 21 arrivants,  vi25,679 km/h

    



Partager  04/07/2015 écrit par Thierry LEFEUVRE (pseudo : cartier)
 

15/06/2013 à 13:42 par Fred G
paris-brest-paris (90 h max)
j'en parlait hier avec j.f le Strat, le loudeacien , qui fait actuellement son tour d'europe par le littoral..(sms de gwen queant et hop on se choppe) ..à Bandol..patati ..patata..
prochaine édition en aout 2015... ca laisse du temps..et un os à ronger..à + ds 15 jours Thierry!
04/07/2015 à 09:21 par Christophe
c'est quoi son tour d'europe par la cote ?? qui peut me donner des infos ?
04/07/2015 à 13:04 par jbj
Tour d'Europe à vélo.

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